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François Veillerette : « Des pesticides dans nos maisons »

Une expertise de l’association Générations futures menée en juillet 2015 montre que de nombreux pesticides – dont certains interdits – se retrouvent dans les foyers de riverains de zones agricoles. Ce travail, ainsi que l’enquête de Cash investigation consacrée au même sujet diffusée sur France 2 en janvier, relancent le débat sur l’impact sanitaire des pesticides. Interview de François Veillerette, porte-parole de Générations futures.

Quels sont les principaux résultats et enseignements de l'expertise menée par Génération futures dans des foyers de riverains de zones agricoles ?

Nous trouvons des résidus de pesticides dans toutes les poussières prélevées chez les riverains de champs agricoles. La moyenne : 20 pesticides. Les chiffres varient selon les cultures : 14 résidus près des grandes cultures, 24 près des vergers et 26 près des vignes. Mais l’information importante reste que l’on retrouve un impact direct des substances dans les logements et pas seulement dans les jardins. Parmi les pesticides recherchés, 12 sont des perturbateurs endocriniens. Rapporté au volume total de produits utilisés, 98% des pesticides sont suspectés d’être des perturbateurs. Ce qui pose des problèmes sanitaires importants, notamment pour les femmes enceintes et les jeunes enfants.

Le succès de l’enquête de Cash-Investigation consacrée aux dangers des pesticides, récemment diffusée sur France 2, montre que le sujet préoccupe le public. Les mentalités sont-elles en train d’évoluer face à ce problème ?

Oui. Les gens savent qu’il y a un problème. Il réagissent. Notre enquête vient de là : plus de 400 personnes vivant en zone agricole nous ont appelés. Souvent, les témoignages proviennent de personnes ayant des avis modérés, non militantes, mais qui n’en peuvent plus.

Quelles réactions attendez-vous de la part du pouvoir politique dans ce dossier ?

Nous attendons que Ségolène Royal fasse une démarche claire auprès du commissaire européen à la Santé sur ce dossier. Un règlement européen sur l’utilisation des pesticides existe depuis 2009. Mais il n’est pas appliqué car les produits à proscrire ne sont pas définis. Or une trentaine de produits pouvant avoir des effets néfastes sur la santé devraient être exclus. Au niveau national, il faut mettre en place un plan de protection de la santé publique face aux pesticides en zone rurale. Les champs en zone habitée doivent être convertis en bio, comme nous le faisons déjà pour les zones de captage d’eau. Mais cela concerne beaucoup d’hectares et ne se fera donc pas en un jour. Il faut intégrer ces zones tampons aux Plans Locaux d’Urbanisme. Le problème est difficile à résoudre mais les élus doivent le prendre en main.

Plus d’infos :

www.generations-futures.fr