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GLUTEN, LACTOSE, SUCRE,VIANDE... ADEPTE DU "SANS" POUR CENT ?- Provence Durable - n°7 - printemps2016

3,50 €

Sommaire: 

Au sommaire de ce numéro :

  • Échos d'ici et d'ailleurs
    La vie du réseau
    Controverse - Pour ou contre le stockage de CO2 ?
    Un temps avec.........Roland Gori : « On ne fabrique plus de citoyens ! »
    DOSSIER : GLUTEN, LACTOSE, SUCRE, VIANDE... ADEPTE DU « SANS » POUR CENT ?
    Vagabondages..........Des chenilles et des pins; Rire contre la maladie ;

    Initiatives.............Centrale villageoise rosannaise : " une énergie renouvelable locale et citoyenne " ; La phytoépuration, une tendance ? ; Accompagner autrement les malades; Préserver les ocres à Roussillon ;
    Portrait de militant : "Je ne peux pas faire de médecine sans m'attaquer aux causes des maladies"
    Territoires.....................Manosque : une ville à lire

    Société............... Service civique : citoyenneté ou emploi au rabais ?
    En pratique............ Construire ou rénover sa maison en chanvre

    À faire cette saison .....À table - Au jardin
    Lumières..........Conférence climat et biodiversité;
    Carnet de balade..................Rayol : "des jardins vivants"!
    Éco-Club............ Rubrique d'expression citoyenne
    Arts & Culture
    Sur la toile
    Sortons !
    Carnet d’adresses

Édito: 

Un régime sans pesticide ?

« Alors que la France s’était fixée comme objectif de diviser par deux sa consommation de pesticides, force est de constater que c’est l’échec », lance le réseau France Nature Environnement, dans un récent communiqué. Les chiffres sont en effet consternants. La consommation de pesticides a augmenté, en nombre de doses, de 9,4% entre 2013 et 2014, et de 5,8% en moyenne entre la période 2011-2013 et 2012-2014. Entre 2013 et 2014, les traitements de semences ont bondi de 31,4% et les produits contenant des molécules suspectées cancérigènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction, ont augmenté de 12,9%. « Les pesticides imprègnent tous les milieux naturels avec 92% des cours d’eau pollués et des impacts sur la santé humaine de plus en plus avérés », poursuit FNE.
L'UE ne peut pas non plus se targuer d'une offensive remarquable en matière de lutte contre les pesticides, puisque Bruxelles a longtemps autorisé le glyphosate, l'herbicide chimique le plus vendu sur la planète (le fameux Round'up!). Les eurodéputés devaient se prononcer début mars sur l'éventuelle poursuite d'autorisation du glyphosate pour 15 ans, mais ils ont repoussé leur décision à avril-mai prochain. Selon l'association Générations Futures, « la contre-offensive des scientifiques s’organise, ainsi que le mécontentement des eurodéputés et la forte mobilisation des citoyens continuent de s’amplifier ». La pétition lancée contre le glyphosate fin février par l'ONG Foodwatch, la Ligue contre le Cancer et Générations Futures a atteint près de 114 000 signatures en quelques jours.

Actualités

Provence Durable parle des "régimes sans" sur France 3 PACA

Gluten, viande, lait, sel, sucre... les alimentations particulières sont en plein boum. Chacun a sa raison pour les adopter : santé ou idéologie, l’individualisation des repas est de mise. Pour devenir un véritable phénomène de mode pour certains, au détriment des messages sérieux des autres. Retrouvez l 'interview de Julien Dezécot (Directeur de la rédaction de Provence Durable) dans l'émission "Paca Matin" sur France 3 (à 6'56)

www.france3-regions.francetvinfo.fr/provence-alpe

La Marcotte : une ferme urbaine citoyenne

Une ferme au cœur de la ville, qui fonctionne en permaculture et applique les principes de l’économie circulaire ? C’est ce que proposent les créateurs de « La Marcotte », un projet en recherche de fonds sur le site de financement participatif bluebees.fr, dédié à l’agriculture et l’alimentation écologique. Sur un objectif de 23 000 €, près de 8000 € ont pour le moment été collectés. Si l’idée aboutit, une première ferme sera construite à Gardanne (Bouches-duRhône). L’objectif : un réseau de « Marcottes » implantées sur des friches urbaines en France.

Plus d'infos :

www.bluebees.fr 

François Veillerette : « Des pesticides dans nos maisons »

Une expertise de l’association Générations futures menée en juillet 2015 montre que de nombreux pesticides – dont certains interdits – se retrouvent dans les foyers de riverains de zones agricoles. Ce travail, ainsi que l’enquête de Cash investigation consacrée au même sujet diffusée sur France 2 en janvier, relancent le débat sur l’impact sanitaire des pesticides. Interview de François Veillerette, porte-parole de Générations futures.

Quels sont les principaux résultats et enseignements de l'expertise menée par Génération futures dans des foyers de riverains de zones agricoles ?

Nous trouvons des résidus de pesticides dans toutes les poussières prélevées chez les riverains de champs agricoles. La moyenne : 20 pesticides. Les chiffres varient selon les cultures : 14 résidus près des grandes cultures, 24 près des vergers et 26 près des vignes. Mais l’information importante reste que l’on retrouve un impact direct des substances dans les logements et pas seulement dans les jardins. Parmi les pesticides recherchés, 12 sont des perturbateurs endocriniens. Rapporté au volume total de produits utilisés, 98% des pesticides sont suspectés d’être des perturbateurs. Ce qui pose des problèmes sanitaires importants, notamment pour les femmes enceintes et les jeunes enfants.

Le succès de l’enquête de Cash-Investigation consacrée aux dangers des pesticides, récemment diffusée sur France 2, montre que le sujet préoccupe le public. Les mentalités sont-elles en train d’évoluer face à ce problème ?

Oui. Les gens savent qu’il y a un problème. Il réagissent. Notre enquête vient de là : plus de 400 personnes vivant en zone agricole nous ont appelés. Souvent, les témoignages proviennent de personnes ayant des avis modérés, non militantes, mais qui n’en peuvent plus.

Quelles réactions attendez-vous de la part du pouvoir politique dans ce dossier ?

Nous attendons que Ségolène Royal fasse une démarche claire auprès du commissaire européen à la Santé sur ce dossier. Un règlement européen sur l’utilisation des pesticides existe depuis 2009. Mais il n’est pas appliqué car les produits à proscrire ne sont pas définis. Or une trentaine de produits pouvant avoir des effets néfastes sur la santé devraient être exclus. Au niveau national, il faut mettre en place un plan de protection de la santé publique face aux pesticides en zone rurale. Les champs en zone habitée doivent être convertis en bio, comme nous le faisons déjà pour les zones de captage d’eau. Mais cela concerne beaucoup d’hectares et ne se fera donc pas en un jour. Il faut intégrer ces zones tampons aux Plans Locaux d’Urbanisme. Le problème est difficile à résoudre mais les élus doivent le prendre en main.

Plus d’infos :

www.generations-futures.fr