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NUCLEAIRE, TOUS LES COUTS SONT PERMIS, Provence Durable - n°2 - hiver 2015

3,50 €

Sommaire: 

Au sommaire de ce numéro :

  • Échos d'ici et d'ailleurs
  • La vie du réseau
  • Controverse - Pour ou contre la vaccination
  • Un temps avec.........Hubert Reeves « Je reste volontairement optimiste »
  • Dossier : NUCLEAIRE, TOUS LES COÛTS SONT PERMIS
  • Vagabondages..........Train des Pignes : une ligne de vie, Paysans nougatiers et fiers de l’être
  • Initiatives.............Le réseau pour l’humanité ; Pétri de bio et d’innovation sociale ; Deux flambées par jour ; Pour des stations de ski plus écologiques
  • Portrait de militant : Bernard Poujol : « Il faut sauver la Camargue »
  • Territoires.........................................Gardanne : passer du rouge au vert
  • Société............... Climat : où sont les citoyens ?
  • En pratique.............Il est bon mon poisson ?
  • À faire cette saison .....À table - Au jardin - Au foyer
  • Lumières..........Denis Lairon, « Manger bio c’est mieux » ; Michel Puech : Agir pour le soutenable
  • Carnet de balade..................Marseille, Revisiter les quartiers nord
  • Éco-Club............ Rubrique d'expression citoyenne
  • Arts & Culture
  • Sur la toile
  • Sortons !
  • Carnet d’adresses

Édito: 

De l'électricité dans l'air

Diviser par 4 les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050, diviser par deux la consommation d’énergie, atteindre 32 % d’énergies renouvelables dans la consommation finale d’énergie d’ici 2030, sont les pierres angulaires de la récente loi de transition énergétique, adoptée cet automne. Selon le ministère, cette loi « pour la croissance verte » devrait permettre « la création de 100 000 emplois en 3 ans ». Outre ces objectifs louables à long terme, les mesures immédiates prévues par ce texte déçoivent les ONG, comme Greenpeace, les Amis de la terre, le réseau action climat ou France nature environnement. Pour ces ONG, 20 milliards d’euros par an seraient nécessaires pour de telles ambitions, quand Ségolène Royal en promet la moitié sur 3 ans…

Alors qu’il était également prévu de réduire drastiquement la part du nucléaire dans le mix énergétique, la loi le conforte comme une énergie d’avenir, en plafonnant simplement la production de cette énergie décarbonée (sans CO2), sans garantir la fermeture d’une centrale. « La tentation est grande de limiter la transition énergétique à la seule lutte contre le changement climatique, et à la seule réduction des émissions de CO2, au bénéfice du secteur nucléaire... », observe l’association Global Chance. Pourtant, depuis Tchernobyl et Fukushima, les risques de l’atome sont concrets.

Et les récentes pertes de 3 milliards annoncées par Areva (le leader mondial), dont l’État est le principal actionnaire, rappellent aussi qu’il faudra un jour payer le vrai prix du nucléaire.

Actualités

Gaz de schiste : stop à l’enfumage !

Deux livres parus récemment nous aident à distinguer le vrai du faux en matière de gaz et huiles de schistes. Instructif.  

Dans un monde occidental marqué par une croissance faible ou atone, la tentation du gaz de schiste apparait comme un carburant providentiel qui pourrait faire repartir nos vieux moteurs économiques. Mais les temps ont changé et - enjeux climatiques obligent - beaucoup estiment que le recours aux énergies fossiles est un contresens. Il découle de tout cela un débat tendu et vif dans lequel fusent des arguments basés sur des chiffres et des affirmations qu'il est parfois difficile de vérifier. Deux ouvrages récemment parus tentent de prendre un peu de distance avec ce contexte. Gaz de Schiste, le vrai du faux, publié à l'initiative de la fondation GoodPlanet, se penche sur l'impact potentiel d'une extraction française. Alors que les discours actuels reposent exclusivement sur la situation des Etats-Unis, pays aux ressources, à la géologie, à la géographie et au système juridiques différents de ceux de la France. Le gaz de schiste - Risques & Enjeux, d'Olivier Parks, a une visée éducative. Impacts environnementaux, économique ou encore dimension juridique : tous les aspects du sujet sont ici abordés permettant de comprendre au mieux les enjeux lié au gaz de schiste. Deux livres destinés à y voir plus clair pour affiner ses arguments.

Gaz de schiste. Le vrai du faux, Olivier Blond, Fondation GoodPlanet, Delachaux et Niestlé, octobre 2014, 144 pages, 12,90 euros

ViDEO - Pierre Rabhi, André Bucher, Jean-Claude Pierre : discussion autour de la transition

Pierre Rabhi, Jean-Claude Pierre, André Bucher. Le 12 mars dernier, Provence Durable réunissait ces trois militants "historiques" du développement durable et solidaire pour une conférence-débat exceptionnelle organisée à Mazan (84). Retrouvez ci-dessous la vidéo de la discussion que les trois penseurs ont eu autour de la notion de transition dans le cadre de cet événement inédit.

 
 

 

100% d'électricité renouvelable en 2050 : la discrète étude de l'Ademe

© Fotolia 

Une électricité 100% renouvelable en France d'ici 2050, c'est possible ! C'est en tout cas ce qu'indique un rapport commandé à l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe), en vue du colloque qu'elle organise les 14 et 15 avril prochain sur les énergies renouvelables. Mais la publication du document a finalement été repoussée. Ses conclusions dérangeraient-elles le gouvernement qui table au mieux sur 40% d'électricité renouvelable dans le mix énergétique d'ici 2050 ? C'est en tout cas la question que soulève Médiapart qui s'est procuré le fameux rapport intitulé Vers un mix électrique 100% renouvelable en 2050

Le coût du nucléaire en question

Pour Julien Bayou et Sandrine Rousseau, porte-parole nationaux d'Europe Ecologie les Verts (EELV) qui s'exprime dans un communiqué, cette étude est "riche d'enseigenment" car, "d’après les simulations effectuées, le prix au mega watt heure est quasiment le même qu’avec un mix énergétique à 40% de renouvelables et…50% nucléaire". Pour les écologistes, "ce rapport vient donc confirmer celui du député écologiste Denis Baupin sur le coût réel du nucléaire : le nucléaire, entre maintenance du parc, gestion des déchets et du démantèlement et explosion des coûts prévus pour l’EPR, représente des investissements colossaux qui détruisent le mythe d’une énergie peu onéreuse, sans même parler du risque majeur qu’elle fait peser sur la population en cas d’accident grave".

 

La France 100% renouvelable : le rapport de l'Ademe disponible sur le site d'Enercoop

 

Initialement publié par Médiapart puis relayé par d'autres médias, le rapport de l'Ademe "Vers un mix électrique 100% renouvelable en 2050" est disponible en accès libre sur le site d'Enercoop. Le fournisseur d'énergies renouvelables justifie ce choix en ces termes : "nous pensons qu'une France 100% renouvelable est possible et, surtout, nous voulons une transparence maximale en terme de choix énergétiques pour notre pays". En voulant dissimuler cette étude, le gouvernement et son administration lui auront finalement fait une bonne publicité !

 

Téléchargez le rapport "Vers un mix électrique 100% renouvelable en 2050" sur le site d'Enercoop

 

Pour aller plus loi, retrouvez notre dossier sur le coût du nucléaire dans le numéro 2 de Provence Durable

Pierre Rabhi, Jean-Claude Pierre, André Bucher : conférence-débat autour de la Transition

Pierre Rabhi, Jean-Claude Pierre, André Bucher. Écrivains, acteurs de la transition, militants de longue date pour le développement durable et solidaire : tous les trois étaient réunis à Mazan (84), le 12 mars dernier, pour une conférence-débat inédite organisée par Provence Durable Magazine autour de la transition. Voici quelques extraits vidéos de cet événement que vous pourrez retrouver en version intégrale sur notre site, à la fin de la semaine prochaine. 

 

Pierre RABHI version courte par provence-durable

Choisir les énergies de la liberté

Provence Durable est partenaire du film Libres ! qui vient de sortir en DVD en Provence. Un film que nos nouveaux abonnées auront la chance de recevoir en DVD. 

Libres ! Le titre du nouveau film de Jean-Paul Jaud (Nos enfants nous accuseront, Tous cobaye ?) sonne tantôt comme une proclamation, tantôt comme un soulagement. Joseph et ses amis sont des petits français qui suivent un stage de musique dans une ferme bio. Sans savoir qu'a quelques kilomètres se trouvent 4 des 58 réacteurs nucléaires du pays. Des installations qui représentent une menace silencieuse mais bien réelle... Le film présente aussi Hiroto et Nagomi, enfants japonnais vivant près de la centrale de Fukushima. Et qui évoluent dans une nature autrefois complice de leurs jeux mais devenue hostile. Libres ! c'est aussi la vie d'Emannuel, Niklas, Noah, Sofus et Victoria, jeunes vivant sur l'île danoise de Samsø, surnomée "L'île aux énergies renouvelable". Dans ce lieu jalonné d'éolienne et de panneaux photovoltaïques, les enfants s’épanouissent avec insouciance et en toute sécurité. Au travers de ces récits, le documentaire se veut être un "parcours initiatique sur les énergies renouvelables" tentant de démontrer que les choix énergétiques que nous faisons sont intiment liés avec la liberté des générations à venir.

Libres ! De Jean-Paul Jaud, 1h45 min, sortie le 11 mars 2015

Bande annonce :

 

Michèle Rivasi : "L'écologie n'est pas à brader"

Députée européenne Europe Ecologie Les Verts (EELV) pour la région Sud-Est, Michèle Rivasi s'inquiète de l'explosion possible de son parti. Elle regrète que certains membres de son parti soient tentés par les sirènes social-libérales. Au détriment de l'écologie....

Michèle Rivasi est une militante très active contre le nucléaire. Elle est notamment la fondatrice de la Commission de recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité (Criirad). Retrouvez son interview dans le dossier consacré au nucléaire dans le numéro d'hiver de Provence Durable, encore disponible durant quelques jours en kiosque et en vente en ligne sur notre site !

 

" Depuis quelques semaines le petit monde médiatique bruisse de dites grandes divisions et d’un risque de scission d’Europe Ecologie – Les Verts. Cela tient au fait que demain ait lieu une réunion dans une salle sombre de l’Assemblée nationale (est-ce le meilleur cadre pour répondre à la crise de représentation actuelle ?) de chevaux de retour de l’écologie et de la politique politicienne.

 Ce petit groupe revendique « le choix de porter des réformes nécessaires (pacte de compétitivité, loi Macron, loi transition énergétique...) » tandis que le renoncement à faire face à la question écologique de la part du gouvernement est chaque jour plus criant.
 
Cette réunion du club Repères (je ne suis pas sûre de l’orthographe) réunit certes de sincères figures de l’écologie à l’instar de Denis Baupin ou Corinne Lepage avec lesquels j’ai mené des combats que ce soit contre le nucléaire ou la pollution électromagnétique, mais surtout de vieilles barbes rompues aux manœuvres politiciennes de bas étage et d’ex écologistes revanchards prêts à tout pour faire exploser cette famille politique EELV qui demeure dans le paysage politique actuel le seul mouvement portant un projet de société nouveau et une nouvelle façon de faire de la politique en associant les citoyens.
 
L’écologie n’est pas à brader sur l’autel de quelques ambitions personnelles pour goûter au confort douillet d’un maroquin ministériel. Renoncer au paradigme écologiste pour coller à la dérive sociale-libérale et autoritaire du gouvernement actuel c’est trahir les fondamentaux de l’écologie politique.
 
Il est urgent, comme nous l’avons fait en 2008 – 2009 avec Europe Ecologie sous la houlette de Dany Cohn-Bendit, de rassembler le peuple de l’écologie dans sa diversité en réunissant l’ensemble des acteurs de ce monde en transition qui invente ici et maintenant un vivre-mieux ensemble. Sur la base d’un contrat co-élaboré avec de fortes ambitions programmatiques en matière de refus de voir se réaliser de grands projets inutiles et d’exigences à avoir pour mettre en place une véritable fiscalité écologique et un programme de soutien à des filières écologiques créatrices d’emplois.
Cela doit se faire d’en bas. Cela doit partir de cette multitude en marche qui créée et cherche un débouché politique : Alternatiba, les AMAP, les acteurs de l’économie du lien et du partage, les agriculteurs biologiques, les consom’acteurs, les entrepreneurs s’engageant dans une démarche écologiquement et socialement responsable…
Le chemin à prendre aujourd’hui est justement l’inverse de celui pris par les « éco-gardes » de Matignon qui font de la politique comme « grand papa » rassemblant un casting de politiciens d’hier en oubliant la société en mouvement. Nous sommes dans un remake raté de 2008. N’est pas Dany qui veut !

Le choix est simple pour les écologistes : inventer ou renoncer ; oser ou trahir. La formule de René Dumont : « l’utopie ou la mort » est plus que jamais d’actualité.​​ "

Michèle Rivasi - (députée européenne,  vice-présidente du Groupe Verts / ALE)

Crash du vol Barcelone-Dusseldorf : « à 7min du site nucléaire de Cadarache »

« Le crash du vol Barcelone-Dusseldorf […] s'est produit mardi 24 mars 2015 à moins de 7 minutes de vol et 110 km du site nucléaire de Cadarache (Bouches-du-Rhône) ». Dans un article publié sur le webi jeudi dernier, la Coordination Anti-Nucléaire du Sud-Est relance le débat sur la vulnérabilité des sites nucléaire face a un potentiel accident aérien. Chiffres à l'appuie, les militants indiquent qu'il serait difficile d'éviter une catastrophe. Et ce malgré le fait qu'il soit interdit de survoler les sites nucléaires dans un rayon de 5 km et à en dessous de 1000 m d'altitude.

Mettre les sites nucléaires « à l'arrêt »

Le site rappelle également que l'avion de la Germanwings est passé à 8 min de la centrale du Tricastin (Vaucluse-Drôme) et du Commissariat à l'Energie Atomique de Marcoule (Gard). Et précise que les 58 réacteurs nucléaires français sont à porté d'aile. Face à l’événement tragique de la semaine dernière, la coordination ne fait pas dans la demi-mesure en affirment que les sites nucléaires doivent être mis « à l'arrêt immédiatement ».

 

Le Vol de la Germanwings est passé à proximité de plusieurs sites nucléaires  © Coordiantion Anti-Nucléaire Sud-Est

 

Plus d'infos :

L'article de la Coordination Anti-Nucléaire Sud-Est

Semaine de l'environnement à Avignon

Du 3 au 8 mars l'association Latitudes organise pour sa 5ème année la "Semaine de l’Environnement" pour sensibiliser le grand public aux enjeux environnementaux.

La Semaine de l’Environnement, coordonnée par le réseau national GRAPPE (groupement d'associations porteuses de projets en environnement) est un festival engagé autour des problématiques environnementales actuelles
L’événement va à la rencontre du public dans un souci d’information, d’action et de mobilisation.

Parce ce que vous pensez que l’environnement est l’affaire de tous…? Parce que nous sommes convaincus que la défense de l’environnement passe par des actions collectives et des gestes simples et accessibles. Nous vous attendons pour cette cinquième édition ! Le programme a été pensé pour renforcer les liens entre des acteurs locaux engagés au service du développement durable et pour faire découvrir aux vauclusiens la richesse de leur territoire. 

La thématique à l'honneur cette année portera sur la lutte contre le gaspillage, l'accaparement des terres et l'engagement citoyen.

Vous pouvez écouter Delphine et Guila de l'association Latitudes :

https://soundcloud.com/provencedurable/association-latitudes

Plus d'infos : http://www.assolatitudes.net/

Les français ne sont pas climato-sceptiques

Les français sont de plus en plus préoccupés par les changements climatiques. C'est ce que révèlent les résultats d'un sondage de l'institut Ipsos, réalisé en janvier dernier sur un panel de 995 personnes, pour le compte de l'agence Havas-Paris.

20% des personnes interrogées se déclarent « très inquiets » et 57% « inquiets » par les conséquences des changements climatiques comme la plus grande fréquence des inondations, des tempêtes ou encore des sécheresses. Les sondés redoutent particulièrement des effets sur la faune et la flore (90%), sur la santé (80%). Mais aussi sur les dépenses publiques (84%) et l'activité économique (73%). A noter : 80% des personnes interrogées imputent la responsabilité des changements climatiques à l'activité humaine. Les français seraient donc guéris du climato-scepticisme.

Contraindre les entreprises

Ils sont aussi 50% à ressentir un sentiment « d'urgence » face à la situation. Et beaucoup pensent que les entreprises devraient davantage se mobiliser pour préserver l'environnement : 63% des sondés estiment les sociétés devraient surtout s'investir dans « la lutte contre le gaspillage des matières premières », 44% dans la « réduction de leurs consommations d'énergie ou d'eau » et 44% dans « la conception de produits et solutions innovantes ayant moins d'impact sur l'environnement ». Des français qui estiment aussi pour 40% d'entre eux que le changement viendra par « les réglementations édictées pas les pouvoirs publics ». En revanche, seulement 23% pensent que les entreprises se mobiliseront sous « la contrainte de l'opinion publique ». Aussi, 93% croient que l'organisation de la Conférence mondiale sur le climat à Paris, à la fin de l'année est « une bonne chose ». Espérons que les chefs d’État et leurs délégations ne briseront pas leurs espoirs...

Pour aller plus loin, retrouvez notre article sur la faible mobilisation citoyenne face aux enjeux climatiques dans le dernier numéro de Provence Durable  .

"Le projet de Bure est terrifiant"

« Sur le plan éthique, le projet de Bure est terrifiant ». Corinne Lepage, ancienne ministre de l'environnement et présidente du parti LRC-Cap 21, ne mâche pas ses mots pour parler du centre d'enfouissement de déchets radioactifs situé à 500 m de profondeur, entre les départements de la Meuse et de la Haute-Marne. En conférence à Joinville (52) le 20 janvier dernier pour présenter son dernier ouvrage,L’État nucléaire, la militante écologiste a également déclaré que « enfouir ces déchets est une responsabilité qu'une génération ne peut prendre ».

De l'expérimentation au stockage industriel

Créé en 1994, le site de Bure était à l'origine dédié à l'expérimentation sur le stockage de déchets radioactifs en couche géologique profonde. Mais l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) a été chargée par la loi de programme du 28 juin 2006 de concevoir et d'y implanter un centre de stockage pour ces déchets appelé Cigéo (Centre industriel de stockage géologique). Il est alors prévu que le site devienne un lieu d'enfouissement pour les déchets de haute et de moyenne activité à vie longue (les déchets les plus radioactifs et dont la durée de vie est la plus importante) dès 2025. Le débat public qui s'est déroulé en 2013 a cristallisé de nombreuses tensions et interrogations sur différents thèmes : financement du projet, imperméabilité du site à long terme ?... Pour le réseau Sortir du nucléaire, commencer à enfouir « cest laisser la possibilité à l’industrie de persister ». Le volume de déchets qu'il est prévu de stocker à Cigéo est estimé à 80 000m3 par l'Andra.

Pour aller plus loin, retrouver notre dossier sur les coûts du nucléaire et la transition énergétique dans le dernier numéro de Provence Durable

« Vers une réappropriation citoyenne de l'énergie ! »

En mars 2015, Enercoop PACA fournisseur d'électricité d'origine 100 % renouvelable, soufflera sa deuxième bougie. La coopérative provençale est particulièrement dynamique, grâce à un potentiel régional important en énergies renouvelables et le soutien de nombreux bénévoles. Entretien avec Clémentine Thierry, directrice d'Enercoop PACA

 

Le prix régulé de l'électricité n'a cessé d'augmenter depuis plus de 10 ans. Pourtant, l'énergie nucléaire (qui permet l'approvisionnement de 80 % de l'électricité française), est censée nous offrir l'un des tarifs les moins chers du monde... Comment analysez-vous cette hausse alors que les énergies renouvelables apparaissent de plus en plus compétitives ?

Le tarif français de l'électricité ne reflète pas les coûts actuels de production et il est même très loin de la moyenne européenne. Au démarrage d'Enercoop, en 2007, nous étions environ 45 % plus cher que le tarif régulé proposé par EDF, l'opérateur historique. 7 ans plus tard, nous ne sommes plus que 18 % plus cher. Pourtant, durant 7 ans, nous n'avons pas augmenté nos tarifs. Car nous construisons notre prix de vente sur le prix d'achat de l'électricité aux producteurs, de manière totalement décorrelée des fluctuations du marché mondial, basé lui-même sur le prix du pétrole. Cette méthode nous permet de proposer à nos clients le vrai prix de l'électricité, à partir de nos coûts réels d'approvisionnement.

Comment réussissez-vous à ne pas indexer votre prix en fonction des fluctuations du marché mondial de l'électricité ?

En ayant des contrats en direct avec les producteurs locaux d'énergie renouvelable. Ces contrats sont souscrits pour une durée moyenne de 5 ans.Cette démarche de coopération directe nous permet la maîtrise de nos tarifs dans la durée. S'ils devaient évoluer par la suite, ce seraient nos sociétaires - donc nos clients puisque nous sommes une coopérative- qui en fixeraient le prix.

Concernant le nucléaire, si la facture augmente ces dernières années, c'est bien parce que les clients commencent désormais à payer le vrai prix de cette énergie, qui coûte très cher aux contribuable. Car il ne faut pas oublier les nombreux coûts cachés du nucléaire, que tous les citoyens financent (démantèlement, retraitement des déchets, recherche publique...).

Quels sont les projets locaux qui permettent de proposer cette énergie renouvelable en Provence ?

En 2014, à eux seuls, les producteurs d'Enercoop PACA ont fourni 25 % des consommateurs Enercoop en France (soit près de 5000 foyers pour un total national de 20 000clients Enercoop).. En PACA, l'hydroélectricité est une ressource renouvelable importante. . Nous travaillons également sur des projets éoliens et photovoltaïques. Et nous accompagnons l'émergence de nouveaux projets. Comme à Velaux dans les Bouches-du-Rhône, où nous travaillons à la réhabilitation d'une centrale hydroélectrique. Ou sur l'île des Embiez dans le Var, où nous sommes à l'initiative d'une installation photovoltaïque sur la toiture de l'Institut océanographique Paul Ricard qui devrait voir le jour au printemps prochain. Les salariés de l'Institut mais aussi nos sociétaires seront invités à prendre des parts dans ce projet citoyen. L'occasion de montrer qu'on peut agir concrètement pour le développement des énergies renouvelables dans sa région et contribuer à la Transition énergétique !

Plus d'infos : 04 84 25 89 19 - www.enercoop-paca.fr

Retrouvez également Enercoop PACA dans le dernier numéro de Provence Durable dédié à la transition énergétique et au coût de l'énergie nucléaire.