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Michèle Rivasi : "L'écologie n'est pas à brader"

Députée européenne Europe Ecologie Les Verts (EELV) pour la région Sud-Est, Michèle Rivasi s'inquiète de l'explosion possible de son parti. Elle regrète que certains membres de son parti soient tentés par les sirènes social-libérales. Au détriment de l'écologie....

Michèle Rivasi est une militante très active contre le nucléaire. Elle est notamment la fondatrice de la Commission de recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité (Criirad). Retrouvez son interview dans le dossier consacré au nucléaire dans le numéro d'hiver de Provence Durable, encore disponible durant quelques jours en kiosque et en vente en ligne sur notre site !

 

" Depuis quelques semaines le petit monde médiatique bruisse de dites grandes divisions et d’un risque de scission d’Europe Ecologie – Les Verts. Cela tient au fait que demain ait lieu une réunion dans une salle sombre de l’Assemblée nationale (est-ce le meilleur cadre pour répondre à la crise de représentation actuelle ?) de chevaux de retour de l’écologie et de la politique politicienne.

 Ce petit groupe revendique « le choix de porter des réformes nécessaires (pacte de compétitivité, loi Macron, loi transition énergétique...) » tandis que le renoncement à faire face à la question écologique de la part du gouvernement est chaque jour plus criant.
 
Cette réunion du club Repères (je ne suis pas sûre de l’orthographe) réunit certes de sincères figures de l’écologie à l’instar de Denis Baupin ou Corinne Lepage avec lesquels j’ai mené des combats que ce soit contre le nucléaire ou la pollution électromagnétique, mais surtout de vieilles barbes rompues aux manœuvres politiciennes de bas étage et d’ex écologistes revanchards prêts à tout pour faire exploser cette famille politique EELV qui demeure dans le paysage politique actuel le seul mouvement portant un projet de société nouveau et une nouvelle façon de faire de la politique en associant les citoyens.
 
L’écologie n’est pas à brader sur l’autel de quelques ambitions personnelles pour goûter au confort douillet d’un maroquin ministériel. Renoncer au paradigme écologiste pour coller à la dérive sociale-libérale et autoritaire du gouvernement actuel c’est trahir les fondamentaux de l’écologie politique.
 
Il est urgent, comme nous l’avons fait en 2008 – 2009 avec Europe Ecologie sous la houlette de Dany Cohn-Bendit, de rassembler le peuple de l’écologie dans sa diversité en réunissant l’ensemble des acteurs de ce monde en transition qui invente ici et maintenant un vivre-mieux ensemble. Sur la base d’un contrat co-élaboré avec de fortes ambitions programmatiques en matière de refus de voir se réaliser de grands projets inutiles et d’exigences à avoir pour mettre en place une véritable fiscalité écologique et un programme de soutien à des filières écologiques créatrices d’emplois.
Cela doit se faire d’en bas. Cela doit partir de cette multitude en marche qui créée et cherche un débouché politique : Alternatiba, les AMAP, les acteurs de l’économie du lien et du partage, les agriculteurs biologiques, les consom’acteurs, les entrepreneurs s’engageant dans une démarche écologiquement et socialement responsable…
Le chemin à prendre aujourd’hui est justement l’inverse de celui pris par les « éco-gardes » de Matignon qui font de la politique comme « grand papa » rassemblant un casting de politiciens d’hier en oubliant la société en mouvement. Nous sommes dans un remake raté de 2008. N’est pas Dany qui veut !

Le choix est simple pour les écologistes : inventer ou renoncer ; oser ou trahir. La formule de René Dumont : « l’utopie ou la mort » est plus que jamais d’actualité.​​ "

Michèle Rivasi - (députée européenne,  vice-présidente du Groupe Verts / ALE)